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“Libres de choisir. Aux premières lignes de l’avortement” de Julie Boisvert et Élise Ekker-Lambert

“Libres de choisir. Aux premières lignes de l’avortement” de Julie Boisvert et Élise Ekker-Lambert

Le Canada est souvent cité comme un modèle en matière de droits reproductifs. Depuis l’arrêt Morgentaler de 1988, aucune loi ne régit l’IVG, ce qui en fait un soin de santé accessible sans restriction légale. Toutefois, cette absence de loi ne garantit pas un accès universel. L’avortement dépend du réseau de soins et de la volonté des provinces de financer les services.

En conséquence, les disparités d’accès sont énormes. À Montréal, une femme peut avorter rapidement, mais dans certaines régions du Québec et du Canada, il faut parcourir des centaines de kilomètres et attendre plusieurs semaines. Jusqu’à récemment, dans des provinces comme le Nouveau-Brunswick, les cliniques privées n’étaient pas financées par le gouvernement, ce qui rendait l’IVG largement inaccessible aux personnes les plus précaires. Depuis un changement de gouvernement en novembre 2024, cette politique a été modifiée, et l’assurance maladie couvre désormais l’IVG en clinique privée — une avancée importante pour le droit à l’avortement dans la province.

L’avortement reste aussi une cible des mouvements conservateurs. Depuis l’annulation de Roe v. Wade aux États-Unis en 2022, les groupes anti-choix québécois et canadiens ont intensifié leurs actions : désinformation, manifestations, pressions politiques.

C’est dans ce contexte que s’inscrit Libres de choisir. Aux premières lignes de l’avortement (2025), un documentaire réalisé par Julie Boisvert et Élise Ekker-Lambert. En s’immergeant dans les cliniques québécoises et canadiennes, elles donnent la parole aux soignantes et aux patientes, exposant les réalités concrètes de l’IVG. Un regard féministe et engagé, qui interroge aussi l’évolution du débat sur l’avortement et la montée des mouvements anti-choix.

Enflammé.e.s a rencontré les réalisatrices le 13 mars 2025 dans les locaux de la nouvelle Maison de Radio-Canada.

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Cartographier la montée du masculinisme en Europe : le projet de l’ISD primé

Cartographier la haine : la montée du masculinisme et son rôle dans la radicalisation en ligne

Le 11 février 2025, à l’École Normale Supérieure, dans le cadre du Sommet international pour l’action sur l’intelligence artificielle organisé par la France et l’Inde (6-11 février 2025), le Laboratoire pour les droits des femmes en ligne a dévoilé les lauréats de son tout premier appel à projets. Parmi eux, un projet porté par l’Institute for Strategic Dialogue (ISD) : Mapping the Masculinist and Male Supremacist Landscape in Central and Eastern Europe.

Depuis sa création en 2006, l’ISD est un laboratoire d’idées international spécialisé dans l’analyse et la lutte contre l’extrémisme, la désinformation et la polarisation numérique. Depuis plusieurs années, ses recherches mettent en lumière le rôle central des idéologies masculinistes dans les dynamiques de radicalisation en ligne.

Chercheuse à l’ISD, Cécile Simmons se consacre à l’étude des stratégies de manipulation en ligne, des mouvements d’extrême droite et de la violence numérique genrée. Son travail, largement cité dans les médias anglophones et francophones, a contribué à documenter la manière dont la misogynie structure de nombreux discours de haine.

Le 21 février 2025, Enflammé.e.s l’a rencontrée pour discuter de l’importance de cartographier les réseaux masculinistes en Europe de l’Est, mais aussi des conclusions de deux rapports majeurs de l’ISD : Misogynistic Pathways to Radicalisation, qui explore les liens entre misogynie et terrorisme, et Web of Hate, une étude rétrospective des vagues de violence sexiste en ligne.

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