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Clara Serra : les limites de la notion de consentement
Clara Serra : les limites de la notion de consentement
Alors que la France s’apprête à examiner une proposition de loi visant à inscrire l’absence de consentement dans la définition du viol, Clara Serra, philosophe et militante féministe espagnole, met en garde contre une illusion : celle de croire qu’un simple mot, gravé dans le droit, suffirait à transformer la réalité des violences sexuelles. Dans La Doctrine du consentement (Éditions La Fabrique, 2025), elle déconstruit l’idée d’un consentement conçu comme une solution universelle, un remède à toutes les oppressions, et rappelle que son rôle est d’abord juridique : délimiter la violence, non garantir des relations libres, désirées et égalitaires.
Alors que les députées Véronique Riotton et Marie-Charlotte Garin défendent une réforme qui se veut ambitieuse, Clara Serra invite à un débat plus vaste : quelle place donnons-nous réellement à la parole des femmes ? Comment éviter de faire du consentement un fétiche qui occulterait les rapports de pouvoir ? Que reste-t-il à combattre une fois la loi votée ?
Dans cet entretien accordé à Enflammé.e.s le 18 février 2025, elle démonte les mirages du seul oui est oui et plaide pour une révolution qui dépasse les frontières du droit pénal.
Catherine Le Magueresse : inscrire le consentement dans la législation française en matière de viol pour mieux protéger les victimes de violences sexuelles
Catherine Le Magueresse : inscrire le consentement dans la législation française en matière de viol pour mieux protéger les victimes de violences sexuelles
Juriste, Catherine Le Magueresse explore les failles du droit pénal français face aux violences sexuelles. Ancienne présidente de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), chercheuse et autrice du livre Les Pièges du consentement. Pour une redéfinition pénale du consentement sexuel (Éditions iXe, 2021), elle plaide pour une réforme législative de la définition du viol, centrée sur un consentement explicite et positif.
Le 19 décembre 2024, une nouvelle proposition de loi a été déposée à l’Assemblée nationale, visant à intégrer la notion de consentement dans la définition pénale du viol. Le texte précise qu’« il n’y a pas de consentement libre et éclairé lorsque l’acte à caractère sexuel a été commis en profitant volontairement d’une situation de vulnérabilité de la victime que l’auteur ne pouvait raisonnablement ignorer, due notamment à un état de peur, de sidération, d’emprise ou à l’influence de toute substance ayant pour effet d’altérer le libre arbitre. »
Dans cet entretien accordé à Enflammé.e.s le lendemain, Catherine Le Magueresse analyse les résistances institutionnelles, culturelles et politiques qui freinent ce changement, tout en soulignant l’importance de cette avancée législative pour mieux protéger les victimes.
Réformer la définition du viol : un enjeu législatif et culturel
Réformer la définition du viol : un enjeu législatif et culturel
Deux députées, Véronique Riotton (Renaissance) et Marie-Charlotte Garin (Écologiste), présidente et co-rapporteure de la mission parlementaire sur la définition pénale du viol, doivent présenter leurs conclusions mi-décembre.
Après des auditions menées auprès de magistrats, associations, victimes et forces de l’ordre, elles affirment la nécessité d’intégrer explicitement la notion de consentement dans la loi. Marie-Charlotte Garin, députée de la 3e circonscription du Rhône et vice-présidente de la Délégation aux droits des femmes, partage les enjeux culturels et législatifs de cette réforme essentielle dans cet entretien accordé à Enflammé.e.s le 27 novembre 2024.
Anne Bouillon : la voix des femmes dans les prétoires
Anne Bouillon, la voix des femmes dans les prétoires
Avocate pénaliste engagée et militante féministe, Anne Bouillon met sa robe au service de celles qui n’ont souvent ni les mots ni les moyens pour se faire entendre. Dans son livre Affaires de femmes - Une vie à plaider pour elles, elle dévoile les récits poignants des femmes qu’elle défend, tout en questionnant une justice souvent violente pour les victimes.
Dans cet entretien accordé à Enflammé.e.s le 8 novembre 2024 elle revient sur son cheminement vers le féminisme, son combat contre les biais sexistes au sein des institutions, et sa vision d’une réforme indispensable du système judiciaire. Un appel à la vigilance, à l’action, et surtout à l’écoute. Une prise de parole qui résonne encore plus fort au lendemain de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.
Menstruations incapacitantes au travail : la proposition de loi des députés NUPES
Après une concertation lancée le 7 avril 2023, les députés NUPES Sébastien Peytavie, le chef de file de la PPL, Sandrine Rousseau et Marie-Charlotte Garin ont déposé leur proposition de loi sur la santé menstruelle et gynécologique au travail ce 26 mai.
La présentation a eu lieu à l’issue du colloque “Pour un congé menstruel en France !” organisé à l’Assemblée nationale.
Voici les éléments clés de cette proposition de loi (PPL) ambitieuse, qui fera date si elle est adoptée dans le combat pour l’égalité femmes-hommes dans notre pays.